| Il
commence alors un immense travail : "Les
haleurs de la Volga" , travail effectué de
1870 à 1873.
[ Et
non pas "Les bateliers de la Volga" comme l'intitulent certains représentants
de l'élite audio-visuelle française (Si, si, je l'ai entendu!)
Mais on leur pardonnera leur ignorance crasse, car ce sont sans doute les
mêmes qui ont dit un jour (Si,si, je l'ai entendu!) "La toile de
la Joconde" - NB : Pour ceux qui ont eu un prof de dessin spécialisé
dans la création à partir de découpages dans le catalogue
de la Redoute, je signale que "La Joconde" est peinte sur BOIS! ]
Il s'installe
plusieurs mois sur les bords du fleuve et passe ses journées à
faire
des croquis, se faisant accepter par ces hommes rudes et peu habitués
à servir de modèles! Ilya connaissait personnellement chacun
des personnages de son tableau. Ainsi le haleur central se nommait Kanine
: "Il suscite un grand respect : on dirait un saint résistant
à la tentation" écrit REPINE lui-même. |
"Kanine" |
Après
quelques mois en Italie, le peintre séjourne à Paris de 1873
à 1876 où il assiste aux premières expositions des
impressionnistes qui le laissent dubitatif. Dans ses lettres, il ne partage
pas l'enthousiasme de ses collègues russes et affirme même
que ce style de peinture "s'éloigne dangereusement de la véracité
de la vie quotidienne."
A
son retour il s'installe à Moscou, fréquente assidument la
Colonie artistique d'Abramtsevo, créée par le mécène
Savva Ivanovitch MAMONTOV, grand industriel qui rétablit, développa
et encouragea le renouveau de l'art populaire russe et fut à l'origine
de "L'Opéra Privé de Moscou" qui perdura jusqu'en 1904.
Une
des maisons de
la "Colonie
"
mise
à la disposition
des
artistes. |
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MAMONTOV
par
REPINE |
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Dans
les années 1890, REPINE peindra une de ses plus grandes oeuvres
:
"Procession
religieuse dans
la
province de Koursk".
Il avait
vécu une année à Chugueïev pour faire des croquis
détaillés, montrant sans indulgence paysans, clergé,
ou riches bourgeois protégés des pauvres, des infirmes et
des mendiants, par le knout du service d'ordre officiel...
Il est
à noter que REPINE, comme beaucoup de ses confrères, n'eut
jamais beaucoup de sympathie, si on s'en réfère à
sa façon de le peindre, pour le clergé russe! |
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un clic
pour agrandir |
Virent
le jour également : "Les cosaques Zaporogues écrivant
une lettre...", "Le retour inattendu", ou "Yvan Grozny
("le
terrible") et son fils Yvan..." qui montre le tsar serrant contre
lui le corps de ce fils tant aimé qu'il vient pourtant de tuer.
Cette toile connut diverses réactions devant la réalité
brutale et sanglante qu'elle décrivait : on recommandait même
aux femmes de ne pas regarder cette peinture car elle provoquait l'évanouissement
de beaucoup d'entre elles ! |
De leur
côté les 14 frondeurs de 1863, se soutenant les uns les autres,
fondent en 1870 la "Société des Expositions Artistiques
Ambulantes". Les chevalets sortent des ateliers, on peint
la vie et la nature au plus proche, les expositions deviennent "ambulantes"
: on expose les toiles dans toutes les villes du pays pour les faire connaître
et mieux les vendre. Se mettant totalement en marge de l'Académie
officielle, la société est gérée démocratiquement
par un conseil élu pour une année.
Leur
première exposition le 29 novembre 1871 à St Pétersbourg
fut un succès.
Elle
partit ensuite à Moscou en avril où elle connût le
même succès, tant auprès du public, que des critiques
et des mécènes. |
Les
"Ambulants en 1881.
Ilya
REPINE est le second assis, à partir de la droite |
L'âge
d'or de cette société dura 10 ans et Ilya REPINE en fut membre
officiel en 1878. Il déclarait :
"Je
suis proche des idéaux de Gogol, Belinski, Tourgueniev, Tolstoï
[....] De toutes mes misérables forces je tâche d'incarner
mes idées dans la vérité; la vie qui m'entoure m'émeut
trop, me travaille sans répit, m'appelle à mon chevalet;
la réalité est trop cruelle pour y broder la conscience tranquille
des motifs insolites."
Voir
quelques amis d'Ilya REPINE : clic !
Les portraits
prendront également une grande part dans la réalisation d'une
oeuvre de commande gigantesque : " Session protocolaire du Conseil d'Etat
pour marquer son centenaire le 7 mai 1901." Le titre est aussi long
que la toile : 877cm sur 400cm de haut !!
Pas moins
de cent conseillers sont ainsi "croqués" et REPINE réussit
à rendre tout l'immobilisme de cette institution... Un critique
d'art écrivit qu'il avait peint une nouvelle vision de "Carthage
au bord de la destruction".
| A
partir de 1892 le peintre devient professeur à l'Académie
des Beaux-Arts et effectue plusieurs voyages en Europe jusqu'en 1900, date
à laquelle il rencontre à Paris Natalia Nordman "l'amour
de sa vie". Il s'installe avec elle dans un domaine qu'elle possède
sur le golfe de Finlande à une heure de train de St Pétersbourg
: "Les Pénates" à Kuokkala. |
 |
Ensemble
ils organisent les "Mercredis des Pénates" qui attirent l'élite
intellectuelle de la Russie. Natalia meurt en 1914, légant sa propriété
à l'Etat mais Ilya y vivra les dernières années de
sa vie. Handicapé par une atrophie des muscles de sa main droite,
il s'entraîne à peindre de la main gauche avec beaucoup moins
de succès et ses revenus financiers déclinent. En 1918, la
Finlande ayant obtenu son indépendance, il reste aux "Pénates",
refusant la révolution bolchévique. Il ne revient en Russie
que sur les supplications du ministre de l'Education de l'Union Soviétique
en 1926. Il mourra aux "Pénates" en 1930 et y sera inhumé.
L'atelier
d'Ilya REPINE
dans
le domaine des "Pénates"
- un
portrait inachevé de Pouchkine - |
La tombe
de l'artiste sur le domaine.
On notera
la croix orthodoxe :
elle
remplaça il y a quelques années seulement
une
stèle supportant le buste en pierre d'Ilya REPINE. |
La guerre,
en 1939, ramène dans le giron russe ce morceau de terre finlandaise
qui fut rebaptisée REPINO en l'honneur du peintre, en 1948.
Et si
ça vous intéresse :
"Pourquoi
j'aime autant les oeuvres d'Ilya REPINE.... !" |